MARBOT (Jean-Baptiste-Antoine-Marcellin, baron de)

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Raymond MARBOT

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Grand officier de la Légion d'Honneur, Chevalier de l'ordre des Trois Toisons d'or, chevalier de Saint-Louis, grand-officier de l'ordre de Léopold de Belgique, grand-croix de la couronne de chêne de Hollande. Lieutenant général, aide de camp de LL. AA. RR, le duc d'Orléans et le comte de Paris, pair de France. 

Vingt-deux campagnes, et quelles campagnes ! treize blessures, quatre grands sièges, soixante et un combats, vingt-quatre batailles constituent des états de service exceptionnels. La publication de ses Mémoires fit retentir son nom comme un coup de tonnerre et le fit entrer dans la gloire populaire, où il restera à côté de Napoléon, à côté de Ney, Lannes, Davoust et Masséna.

Marbot était né le 18 août 1782, au petit château de la rivière, dans la commune d'Altillac, tout près du manoir d'Estresses où vécut un autre soldat le colonel marquis d'Estresses.
(Son père, Antoine, était lui même un soldat de grande valeur. Il servit aux gardes du corps de Louis XVI, fut aide de camp du comte de Schomberg, se dévoua sincèrement à la cause de la Révolution, fut envoyé par le département de la Corréze à l'assemblée Législative, en 1791,obtint en 1793 le commandement du camp de Toulouse  fut général de division à l'Armée des Pyrénées Occidentales dans les campagnes de 1794-1795, fut envoyé avec Masséna à Génes, où il mourut entre les bras de son fils le 19 aout 1800 qu'il avait amenait avec lui , comme engagé volontaire au Ier hussards dès sa sortie de Sorèze.)

A peine soldat depuis quelques semaines, Marbot, dans une reconnaissance, fait prisonniers 17 hussards autrichiens et les ramène au général Séras, qui le nomme maréchal des logis. Un mois plus tard, à Mondovi, il s'empare avec son peloton d'une batterie ennemie et Championnet, le fait sous-lieutenant sur le champ. Après le siège de Gênes à l'état-major de Masséna, il rejoint le Premier Consul, à Marengo et prend part à la bataille. Rentré en France, il est nommé lieutenant en octobre 1803.

Avec le 7ème corps, il fait la campagne de 1805 et prend part aux combats d'Engen, de Stoekah, de Bregenz, de Feldkirch, à la bataille d'Austerlitz, il porte les ordres au général Rapp au milieu de l'effroyable mêlée du plateau de Ratzen.

En 1806, il est à la bataille de Saalfeld, au combat de Kahla, à la bataille d'Iéna, et plus tard en Pologne, aux combats de Kolozomb, de Sochoczyn et de Golymin.

Nommé capitaine le 1er janvier 1807, il se trouve à Eylau. Blessé à la tête et au bras en portant un ordre, il est sauvé par sa jument, la fameuse Lisette, qui, blessée elle-même, devient folle de douleur, enlève d'un coup de dents la figure d'un grenadier russe, ouvre le ventre d'un officier, puis, regagne Eylau dans un galop furieux.

Passé à l'état-major du maréchal Lannes, Marbot est avec lui à Heilsberg le 10 juin 1807, à Friedland le 14. En 1808, ils sont en Espagne, et, le 23 novembre, Marbot est chargé d'apporter à l'Empereur la nouvelle de la bataille de Tudela. Attaqué en route par des carabiniers espagnols, il reçoit un coup de sabre sur la tête et ses dépêches sont teintes de son sang. En décembre, Lannes dirige le siège de Saragosse, et Marbot, chargé de conduire huit compagnies de grenadiers à l'assaut du fort de Santa-Engracia, reçoit sa quatrième blessure, une balle dans le flanc gauche.

En 1809, c'est de nouveau l'Allemagne. Marbot est à Abensberg, à Eckmühl, à l'assaut de Ratisbonne, où il passe la brèche en tête des colonnes d'attaque, aux applaudissements de ses hommes. Le 22 mai, à la bataille d'Essling, il gagne, au prix d'une cinquième blessure, l'épaulette de chef d'escadron et le titre de chevalier de l'Empire. Et ce sont encore les journées de Wagram, de Kornen-burg, de Guntersdorf, de Znaïm, où il est de nouveau blessé.

En 1810, Marbot fait la campagne du Portugal avec Masséna, assiste au siège de Ciudad-Rodrigo, aux batailles ou combats de Busaco, Fornos, Fuente-Cuberta, Miranda de Corvo, Foz de Arunce, Guarda, Fuentes d'0ñoro, d'où il rapporte deux nouvelles blessures et un congé de six mois au cours duquel il épousa Mme Desbrières. L'Empereur lui fit l'honneur de signer au contrat.

Marbot quitte alors les états majors pour prendre, comme colonel, le commandement du 23 ème chasseurs à cheval, avec lequel il fait la campagne de 1812 dans le corps d'0udinot. Pendant des mois, le 23 ème ne cesse de combattre et charger, son colonel toujours en tète à Wilkomir, Dünabourg, Drouia, Jakoubowo, Kliatitsoui, Sivotschina, Valensoni, Polotsk, Barisow, Zawniski, Plechtchénitsoni, et malgré tant de combats, tant de fatigues, tant de charges folles, malgré les épreuves de la retraite, le régiment rentre en Allemagne en 1813, toujours monté, armé, n'ayant perdu que 355 hommes sur I018. Ce résultat lui valut les éloges directs de l'Empereur.

Le 23 ème fait la campagne de 1813 dans le corps de Sébastiani. On le trouve à la Katzbach, à Wackau, à Leipzig, à Hanau. Marbot rapportait d'Allemagne trois nouvelles blessures, la croix d'officier et le titre de baron.

En 1815, il commande à Waterloo le 7ème hussards et reçoit sa douzième blessure.

Proscrit le 15 juillet 1815, il écrivit en exil une critique des Considérations sur la guerre du général Rogniat, qui lui valut de Napoléon un legs de 100 000 francs.
Remis en activité en 1829, il eut à la Révolution de 1830 le grade de général et le poste d'aide de camp du duc d'Orléans. Il le suivit au siège d'Anvers en 1832, à l'expédition de Mascara en 1833, à celle des Portes-de-Fer en 1839, et en 1840 il recevait, à l'attaque du col de Monzaïa, sa treizième et dernière blessure. Ce fut son dernier geste de guerre.

Des fonctions honorables et pacifiques remplirent ses dernières années jusqu'en 1848, où, le 6 juin, la République nouvelle le mit d'office à la retraite. Le héros de Pologne et d'Espagne devait porter ombrage aux politiciens, la chose était fatale. Il s'en consola aisément, vécut à Paris d'où sont sortis ses Mémoires, et mourut le 16 novembre 1854, laissant à son pays un magnifique exemple de vaillance et d'énergie