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| MARBOT (Jean-Baptiste-Antoine-Marcellin, baron de) | ||
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Grand officier de la Légion d'Honneur, Chevalier de l'ordre des Trois Toisons d'or, chevalier de Saint-Louis, grand-officier de l'ordre de Léopold de Belgique, grand-croix de la couronne de chêne de Hollande. Lieutenant général, aide de camp de LL. AA. RR, le duc d'Orléans et le comte de Paris, pair de France. Vingt-deux
campagnes, et quelles campagnes ! treize blessures, quatre grands sièges,
soixante et un combats, vingt-quatre batailles constituent des états
de service exceptionnels. La publication de ses Mémoires fit retentir
son nom comme un coup de tonnerre et le fit entrer dans la gloire
populaire, où il restera à côté de Napoléon, à côté de Ney,
Lannes, Davoust et Masséna. Marbot
était né le 18 août 1782, au petit château de la rivière, dans la
commune d'Altillac, tout près du manoir d'Estresses où vécut un
autre soldat le colonel marquis d'Estresses. A
peine soldat depuis quelques semaines, Marbot, dans une
reconnaissance, fait prisonniers 17 hussards autrichiens et les ramène
au général Séras, qui le nomme maréchal des logis. Un mois plus
tard, à Mondovi, il s'empare avec son peloton d'une batterie ennemie
et Championnet, le fait sous-lieutenant sur le champ. Après le siège
de Gênes à l'état-major de Masséna, il rejoint le Premier Consul,
à Marengo et prend part à la bataille. Rentré en France, il est
nommé lieutenant en octobre 1803. Avec
le 7ème corps, il fait la campagne de 1805 et prend part aux combats
d'Engen, de Stoekah, de Bregenz, de Feldkirch, à la bataille
d'Austerlitz, il porte les ordres au général Rapp au milieu de
l'effroyable mêlée du plateau de Ratzen. En
1806, il est à la bataille de Saalfeld, au combat de Kahla, à la
bataille d'Iéna, et plus tard en Pologne, aux combats de Kolozomb, de
Sochoczyn et de Golymin. Nommé
capitaine le 1er janvier 1807, il se trouve à Eylau. Blessé à
la tête et au bras en portant un ordre, il est sauvé par sa jument,
la fameuse Lisette, qui, blessée elle-même, devient folle de
douleur, enlève d'un coup de dents la figure d'un grenadier russe,
ouvre le ventre d'un officier, puis, regagne Eylau dans un galop
furieux. Passé
à l'état-major du maréchal Lannes, Marbot est avec lui à Heilsberg
le 10 juin 1807, à Friedland le 14. En 1808, ils sont en Espagne, et,
le 23 novembre, Marbot est chargé d'apporter à l'Empereur la
nouvelle de la bataille de Tudela. Attaqué en route par des
carabiniers espagnols, il reçoit un coup de sabre sur la tête et ses
dépêches sont teintes de son sang. En décembre, Lannes dirige le siège
de Saragosse, et Marbot, chargé de conduire huit compagnies de
grenadiers à l'assaut du fort de Santa-Engracia, reçoit sa quatrième
blessure, une balle dans le flanc gauche. En
1809, c'est de nouveau l'Allemagne. Marbot est à Abensberg, à Eckmühl,
à l'assaut de Ratisbonne, où il passe la brèche en tête des
colonnes d'attaque, aux applaudissements de ses hommes. Le 22 mai, à
la bataille d'Essling, il gagne, au prix d'une cinquième blessure,
l'épaulette de chef d'escadron et le titre de chevalier de l'Empire.
Et ce sont encore les journées de Wagram, de Kornen-burg, de
Guntersdorf, de Znaïm, où il est de nouveau blessé. En
1810, Marbot fait la campagne du Portugal avec Masséna, assiste au siège
de Ciudad-Rodrigo, aux batailles ou combats de Busaco, Fornos,
Fuente-Cuberta, Miranda de Corvo, Foz de Arunce, Guarda, Fuentes d'0ñoro,
d'où il rapporte deux nouvelles blessures et un congé de six mois au
cours duquel il épousa Mme Desbrières. L'Empereur lui fit l'honneur
de signer au contrat. Marbot
quitte alors les états majors pour prendre, comme colonel, le
commandement du 23 ème chasseurs à cheval, avec lequel il fait la
campagne de 1812 dans le corps d'0udinot. Pendant des mois, le 23 ème
ne cesse de combattre et charger, son colonel toujours en tète à
Wilkomir, Dünabourg, Drouia, Jakoubowo, Kliatitsoui, Sivotschina,
Valensoni, Polotsk, Barisow, Zawniski, Plechtchénitsoni, et malgré
tant de combats, tant de fatigues, tant de charges folles, malgré les
épreuves de la retraite, le régiment rentre en Allemagne en 1813,
toujours monté, armé, n'ayant perdu que 355 hommes sur I018. Ce résultat
lui valut les éloges directs de l'Empereur. Le
23 ème fait la campagne de 1813 dans le corps de Sébastiani. On le
trouve à la Katzbach, à Wackau, à Leipzig, à Hanau. Marbot
rapportait d'Allemagne trois nouvelles blessures, la croix
d'officier et le titre de baron. En
1815, il commande à Waterloo le 7ème hussards et reçoit sa douzième
blessure. Proscrit
le 15 juillet 1815, il écrivit en exil une critique des Considérations
sur la guerre du général Rogniat, qui lui valut de Napoléon un legs
de 100 000 francs. Des
fonctions honorables et pacifiques remplirent ses dernières années
jusqu'en 1848, où, le 6 juin, la République nouvelle le mit d'office
à la retraite. Le héros de Pologne et d'Espagne devait porter
ombrage aux politiciens, la chose était fatale. Il s'en consola aisément,
vécut à Paris d'où sont sortis ses Mémoires, et mourut le 16
novembre 1854, laissant à son pays un magnifique exemple de vaillance
et d'énergie |
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